À vol d’oiseaux

France (2023)

Genre : Autre

Écriture cinématographique : Programme de courts-métrages

École et cinéma 2025-2026

Synopsis

À Vol d’oiseaux rassemble trois courts métrages d’animation délicats, sensibles. Un pur moment de bonheur, aérien, à la fin duquel on se sent pousser des ailes ! Un programme comme une parenthèse de douceur, où les adultes retrouvent leur âme d’enfant, les plus jeunes grandissent dans l’espoir d’une vie bienveillante, où chacun est incité à sortir de sa coquille pour voler de ses propres ailes.

Drôles d’oiseaux

Ellie, dix ans et demi, entre en sixième à Saumur. Timide et passionnée par la nature, elle passe son temps plongée dans des livres, en particulier d’ornithologie. Elle intrigue Anna, la documentaliste du collège, une femme mystérieuse avec qui elle tisse une relation pleine de malice. Le jour où Ellie doit absolument lui rendre un livre, la porte du CDI est fermée. Elle décide alors de le ramener directement chez Anna qui vit sur une île sur la Loire, à quelques kilomètres du collège. Une île pleine d’oiseaux…

Le tout petit voyage

Jean est témoin d’une chose extraordinaire : Titi, sa perruche, peut ouvrir la porte de sa cage ! Pourtant l’oiseau ne part pas. En essayant de comprendre pourquoi, Jean se retrouve embarqué dans un monde magique. Titi va pouvoir montrer ses failles et peurs, et Jean l’aidera à les surmonter. En traversant d’étonnants paysages, ils enrichiront leur amitié et apprendront que dire au revoir, ce n’est pas dire adieu. Un film produit dans le cadre de la Résidence jeune public du studio Folimage. Ce dispositif annuel donne une chance à des jeunes auteur.e.s de venir réaliser un film d’animation de courte durée, mêlant comédie et humour et destiné au public des 5-7 ans, fabriqué en toutes techniques d’animation excepté la 3D.

L’air de rien

Dans un sanatorium en bord de mer, un vieil homme voit sa vie bousculée par l’arrivée d’une mouette qu’il va doucement apprivoiser. Le jour où celle-ci est blessée, l’homme va prendre soin d’elle et retrouver, pour un instant, son âme d’enfant.

Générique

DRÔLES D’OISEAUX
Écrit par Charlie Belin & Mariannick Bellot
Réalisé par Charlie Belin
Durée : 35 min.

L’AIR DE RIEN
Réalisé par Gabriel Hénot Lefèvre
Durée : 14 min.

LE TOUT PETIT VOYAGE
Réalisé par Emily Worms
Durée : 6 min.

Durée totale du programme : 55 min.

Autour du film

Perruche, mouette, rouge-gorge, mésange ou encore balbuzard pêcheur sont autant d’espèces à bec et à plumes que vous pourrez croiser au sein de ce programme de courts métrages. A travers trois histoires courtes, un petit garçon, une adolescente et un vieil homme tissent des amitiés singulières avec ces majestueuses créatures qui parcourent le ciel et se nichent dans les arbres. Symboles de liberté, les oiseaux vont permettre à nos héros et héroïnes de s’ouvrir au monde et guideront ces derniers dans leurs voyages, qu’ils soient réels ou figurés, intérieurs ou initiatiques.

A vol d’oiseaux est l’occasion d’un voyage dans les airs mais aussi d’une traversée au sein de décors animés particulièrement poétiques. Ciels orageux peints à l’aquarelle, esquisses d’une nature sauvage et foisonnante, monde imaginaire vif et coloré, le soin accordé aux paysages est central pour faire émerger la relation des personnages à la nature. La grande délicatesse qui parcourt le programme tient également à l’ambiance sonore de chacun des films, favorisant toujours plus le bruit des vagues, le souffle du vent dans les feuilles ou le chant des oiseaux aux dialogues des humains. Les thématiques abordées au cours de ces récits ne manquent pas pour autant de profondeur et pousseront petits et grands à s’interroger avec pudeur sur des sujets aussi profonds tels que la solitude, la difficulté à dire au revoir ou le fait de grandir.

A vol d’oiseaux est un programme contemplatif et vagabond construit à rebours des récits d’aventures habituels, faits de péripéties et d’événements extraordinaires. Ici tout n’est que délicatesse, regards et écoute, le tout teinté d’une douce mélancolie dans laquelle on se sent bien. Après tout, l’aventure ne commence-t-elle pas par sortir de chez soi pour observer les oiseaux ?
— Benshi

Une fiction documentaire pour les enfants

Le film s’adresse en premier lieu aux enfants de 6-10 ans. Le rythme lent et contemplatif est un peu à contrecourant de ceux plus rapides auxquels nous sommes en général accoutumés en animation jeunesse. Le ton réaliste diffère peut-être aussi d’un style souvent teinté de merveilleux ou de fantastique. Mais je m’interrogeais… Qu’est-ce que les enfants ont envie de voir ? Le quotidien peut-il être attractif à leurs yeux ? Peut-il être digne d’intérêt au même titre que le récit héroïque d’un aventurier hors du commun ? En montrant l’animatique à des enfants entre 6 et 9 ans, j’ai été rassurée de voir qu’ils se projetaient facilement dans le personnage d’Ellie et qu’ils nourrissaient une vraie curiosité pour les scènes du collège. A l’école primaire, le collège est énigmatique, source de curiosité et de fantasmes. A travers les yeux et les oreilles d’Ellie, c’est un accès direct et concret à ce lieu qui leur est offert, une lunette sur un futur encore inconnu qu’ils appréhendent avec crainte ou impatience. Les scènes contemplatives d’observation de la nature, traitées dans ce même souci de réalisme, sont attractives car elles retranscrivent l’émerveillement simple et enfantin lié à l’apparition quasi «magique » d’un animal sauvage en liberté. J’ai toujours eu une approche documentaire dans l’élaboration de mes précédents films. Je travaille d’abord une bande-son qui me sert de guide, sur laquelle je viens ensuite apposer une autre ligne narrative par des images animées. Bien qu’il s’agisse cette fois d’une fiction, j’éprouvais le besoin d’en faire de même pour Drôles d’oiseaux. Le film a été coécrit avec Mariannick Bellot, scénariste, auteur de romans jeunesse et réalisatrice de documentaires et de fictions radiophoniques. Cette collaboration s’est avérée tout de suite passionnante car nous partagions le même engouement pour l’écriture sonore. Nos univers se répondaient avec limpidité et très vite, l’idée d’une narration construite au fil du son entre fiction et documentaire s’est imposée.

Voler de ses propres ailes !

À Vol d’oiseaux rassemble trois courts métrages d’animation délicats, sensibles. Un pur moment de bonheur, aérien, à la fin duquel on se sent pousser des ailes ! Titi la perruche de Jean, enfant solitaire, l’emmène dans un monde extraordinaire. Une mouette éveille un vieil homme délaissé dans un sanatorium. Un balbuzard pêcheur, des chardonnerets élégants, pouillots véloces ou grives musiciennes ouvrent les yeux et le coeur d’Ellie, une adolescente réservée. Quel que soit l’âge de la vie, c’est par une rencontre avec le monde des oiseaux que les personnages échappent à leur solitude, découvrent un vent de liberté enthousiasmant. Les oiseaux sont porteurs de symboles forts. Ils virevoltent où bon leur semble, portés par les vents, toujours plus loin, plus haut dans le ciel. Leur vol représente l’aisance, l’audace, l’évasion comme l’exprime le mythe grec d’Icare. Ces sensations sont soutenues, dans les trois films, par un dessin au trait personnel, où le geste, apparent à l’image, apporte beaucoup d’humanité. Les décors donnent à chaque fois une place forte à la nature souvent foisonnante et animée. Pour Drôles d’oiseaux, Charlie Belin dessine les bords de Loire où évolue Ellie l’adolescente, à la manière d’un carnet de voyage, documentaire, aux croquis légers et fourmillants de détails. Dans L’Air de rien, Gabriel Hénot Lefèvre trace à l’aquarelle, pour son vieil homme, les grandes plages du Nord aux ciels fouettés par les vents. Quant à Emily Worms, c’est au-dessus d’une forêt luxuriante et très colorée qu’elle fait évoluer le jeune Jean dans Le Tout petit voyage. L’animation se prête parfaitement à ces trois histoires. Elle permet de réinterpréter le réel en exprimant à chaque fois les points de vue subjectifs, intimes des personnages. Le rythme contemplatif, laisse le temps de l’émerveillement, de l’éveil des sens dans des paysages grandioses. Un programme comme une parenthèse de douceur, où les adultes retrouvent leur âme d’enfant, les plus jeunes grandissent dans l’espoir d’une vie bienveillante, où chacun est incité

Pistes de travail

« À vol d’oiseau » est d’abord une expression. Elle caractérise une distance, souvent estimée et en ligne droite. Elle évoque aussi le voyage, avec l’envie de prendre le chemin le plus direct pour se rendre quelque part.

Lorsque l’oiseau vole d’un endroit à un autre, il n’est entravé par aucun obstacle. Ni l’eau, ni les montagnes, ni les chemins sinueux ne sont un problème pour lui. C’est certainement le désir profond de Jean, Ellie et le vieil homme, les personnages des trois fi lms de ce programme. Ils surpassent les contraintes de la vie pour atteindre leur but.

« À vol d’oiseau » souligne aussi le lien direct, évident, qui relie ces fi lms, trois hommages aux oiseaux, à la nature qui nous libère et ouvre l’esprit. Quel que soit leur âge, c’est par une rencontre avec ces animaux sillonnant le ciel que les personnages échappent à leur solitude, se révèlent à leur contact et découvrent la liberté.