French Cancan

France (1955)

Genre : Comédie dramatique

Écriture cinématographique : Fiction

Archives LAAC, Lycéens et apprentis au cinéma 2011-2012

Synopsis

Danglard est le gérant d’un cabaret, le Paravent chinois, où se produit une danseuse, la Belle Abbesse, qui est aussi sa maîtresse – une maîtresse qu’il dispute à son financier, le baron Walter. Séduit par une jeune blanchisseuse, Nini, qu’il voit danser à la Reine Blanche, son intuition le pousse à fonder un nouveau cabaret, le Moulin-Rouge, pour y remettre à l’honneur le cancan. Il convainc le baron Walter de le suivre dans l’aventure, mais les jalousies amoureuses ont bientôt raison du projet : Abbesse et Nini se crêpent le chignon tandis que l’amant de Nini s’en prend physiquement à Danglard. L’amour désespéré que voue un jeune prince à Nini sauve néanmoins le Moulin-Rouge et la première est un événement qui attire le Tout-Paris. Mais encore une fois la jalousie amoureuse manque de tout détruire : Nini ne supporte pas de voir une jeune chanteuse la supplanter dans le cœur de Danglard et menace de tout abandonner. La jeune danseuse vedette se ravise cependant et le french cancan ravit la foule autant que ses interprètes.

Générique

Réalisation : Jean Renoir
Scénario : Jean Renoir, d’après une idée André-Paul Antoine
Image : Michel Kelber
Musique : Georges Van Parys
Montage : Boris Lewin
Son : Antoine Petitjean
Décors : Max Douy
Costumes : Baarbara Karinska, Coquatrix
Porudction : Francoo London Films, Joly Films
Distribution : Gaumont
Sortie en France : mai 1955
Couleurs
Durée : 1h45
Interprétation
Jean Gabin / Henri Danglard
Françoise Arnoul / Nini
Jean-Roger Caussimon / Baron Walter
Maria Felix / la Belle Ebbesse
Gianni Esposito / Prince Alexandfe
Philippe Clay / Casimir
Jean Parédès / Coudrier
Michel Piccoli / Valorgueil
Jean-Mar tennberg / Savate
Dora Doll / la Génisse
Jacques Jouanneau / Bidon
Edith Piaf / Eugénie Buffet
Patachou / Yvette Guilbert

Autour du film

Retrouvant la France après quinze ans d’absence, Renoir tenait à réaliser un film typiquement français. Fidèle à sa passion du spectacle, il choisit de retracer à sa manière, la carrière du fondateur du Moulin Rouge. C’est l’occasion pour lui de regarder vivre, plus que d’étudier, même si nombre de notations psychologiques et sociales fournissent un riche arrière-plan au fil, cet univers de la variété, monde clos où, autour de la danse et la chanson, s’agglomère une humanité protéiforme et bigarrée. Le réalisateur enchaîne lyriquement tableau sur tableau, chacun d’eux étant frappé par la grâce d’une composition exemplaire, où le dynamisme le dispute à l’exubérance et la sensualité de la palette colorée. Visuellement c’est superbe, et l’on se laisse emporter sans remords dans un plaisir que nul autre que Renoir n’a su aussi bien faire partager. Ce film, « facile » pour son auteur, n’en traite pas moins, non sans une pudique discrétion, de la question du créateur, et, sans quoi un Renoir n’est pas un Renoir, de la morale. Remarquablement interprété, French Cancan est de la plus belle eau.
François Ramasse / Télérama 13 décembre 1995

C’est le plus brillant, le plus virtuose, le plus endiablé et le plus populaire des films de Renoir de l’après-guerre. Second volet, avec le Carrosse d’or, d’un hommage au spectacle, il montre à la fois son inféodation au monde de l’argent et la façon dont l’artiste peut révéler sa liberté et son plaisir, à condition de renoncer à toute volonté de possession exclusive et durable. C’est aussi l’un des derniers rôles qui aient permis à Gabin de manifester à ce point l’étendue et la variété de ses talents.
Joël Magny / Dictionnaire des films 1996

Que de fraîcheur dans ce film renoirien en diable, français jusqu’au bout des jupons ! L’auteur fête en beauté son retour à Paname, après quinze ans d’exil hollywoodien. Exubérante, frénétique, gorgée de couleurs, cette peinture inspirée de la vie du fondateur du Moulin-Rouge est un magnifique hommage au spectacle populaire. Dans ce monde homogène et clos, chacun travaille pour la magie du music-hall. Tous ceux qui viennent de l’extérieur – de l’aristo à l’ouvrier – et qui préfèrent leur bonheur individuel sont sacrifiés.

Mieux vaut profiter de la vie comme d’un jeu cruel et joyeux, tel pourrait être le credo de ce film sensuel, où Françoise Arnoul, charnelle et boudeuse, fait tourner les têtes. Le final, époustouflant avec ses vingt-quatre danseuses, est d’autant plus virevoltant que la caméra, médusée par ce qui s’anime devant elle, bouge à peine.
Jacques Morice / Télérama 19 décembre 2001

Vidéos

Demandez le programme !

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Le générique d’ouverture de French Cancan annonce à de nombreux égards la substance du film. Il plante littéralement le décor, les enjeux visuels, narratifs et d’interprétation.
 

Cette vidéo peut être visionnée en complément du texte « L’impressionnisme multiplié par le cinéma » en page 5 du livret enseignant Lycéens et apprentis au cinéma.
Texte et réalisation : Arnaud Hée, Centre Images.

Danglard, prince du spectacle

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La trajectoire de Danglard au sein de French Cancan est particulièrement significative si on met en relation la scène d’ouverture (les huit premiers plans qui suivent le générique) et le segment final (à partir de la fin de la performance d’Esther chantant La Complainte de la Butte).
 

Cette vidéo a été conçue en complémentarité avec les textes « Tout pour le métier » et « Hymne au mouvement » en pages 9 et 12 du livret enseignant Lycéens et apprentis au cinéma.
Texte et réalisation : Arnaud Hée, Centre Images.